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[benway dans un train, une lettre à la poste dans l'autre]

je voudrai lui écrire mais je ne trouve rien à dire car à vrai dire il ne me passe rien. il me reste juste quelques souvenirs qui s'érodent, quelques visions avant de m'endormir, à l'arrêt de ce bus pour un monde meilleur qui n'a pas d'horaires ? qui n'a pas d'objectifs ? qui marque moins de points que moi ? c'est la manière dont ils m'ignorent, l'effort d'ouvrir la bouche, poids de l'infime. figuration des intersctices battant les nuages qui crachent du plomb gazeux sous des stries d'abus notoires en démarche inutiles et couteuses. je ne les touche même pas mais pourtant je les déplace. elles sont deux sous le même prénom. pour ce qui de la religion, c'est trop tard, on peut regarder la télévision et Nietzsche est en vente libre. le décalage horaire les enduit d'espoirs que l'on ne peut muter, des palmiers à tous les coins de rue, des stations comme des étoiles.

[non je ne suis pas monsieur roux, je suis son fils]

vie de merde

[équaliseur des fonctions sociales réglé sur les basses]

je prends un ticket, un train vers toi par des pistes lunaires, des chiens sous les roues qui baignent d'une asphalte fondue sous le regard des maitres. plus loin, kilomètre lancé contre la baie vitrée et les silences des guides qui désertent à vue d'oeil, perspective au pas civil mais de bas prix, ils ne désirent plus rien car leurs voisins ne sont pas à la bourse. le retour, n'aura pas lieu, je suis désolé, tout est de ma faute avec les distances je suis perdu, il faudrai que je leur parle ouvertement mais je me suis perdu sur le chemin de croix, je ne pouvais pas racrocher, les interdits sont ma dernière jouissance. les ennemis de mes ennemis me sont stérils, j'aurai du dire non, mais il a proposé de réfléchir chacun de son côté, ca avait l'air bien mais ils changent tous d'avis, j'abdique ma religion après des années dans la clandestinité, il ne reste rien à vendre sauf moi.

[trop petit, illisible et pourtant le piège fonctionne]

je ne cherche plus

[un domaine, quelques inepties, du miel pour des porcs]

sauter quelques repas et je me sens mieux. l'autre nuit j'ai failli sauter du lit pour t'écrire que je ne sais pas quoi mais que j'ai juste envie de le faire mais j'étais réveillé. parfois il n'en faut pas plus alors je franchis la ligne pour voir si cela fait encore de l'effet. Je comprends mieux maintenant mais le prix est trop élevé pour les légions perdues sous les nuages à se demander ce qu'ils veulent dire. La nuit, le soir, rien ne me retiens plus au lit mais je n'ai pas le courage de croiser leurs regards, de rire à leurs mots, de les écouter. Compromis de justice, tous les jours, à tous les croisements de vues, ils tombent comme des pluies un jour de repos légal comme on en voit partout, le serveur est un maitre, le propriétaire un serviteur, il faudra finir par leur dire. On en voit partout, la nouvelle frontière, le ghetto dont tout le monde a entendu parler, ca commence ici.

[pas de surprises, pas de képi, juste un peu de sel]

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